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Béatrice Bernard-Poulin

Les Blue Mountains en Jamaïque : pour l’amour de la nature et du café

17 juillet, 2014 | By |

Il suffit de penser aux Blue Mountains pour rêver de forêts tropicales luxuriantes, de magnifiques fleurs et, bien sûr, du goût sublime du café. Si vous envisagez de faire un voyage en Jamaïque, cette région doit absolument se retrouver sur votre itinéraire. En effet, les Blue Mountains sont aussi remarquables qu’on peut s’y attendre… et peut-être même encore plus.

Lors de son premier voyage en Jamaïque, Christophe Colomb aurait décrit l’île ainsi : « la plus belle île que les yeux aient vue. Montagneuses, les terres semblent toucher le ciel ». Ses propos n’ont rien de surprenant, puisque les Blue Mountains figurent parmi les plus hautes montagnes des Caraïbes, avec un sommet atteignant 2 256 mètres d’altitude (7 4012 pieds). Les vues depuis le point le plus haut sont tout à fait époustouflantes, et le massif montagneux est souvent surnommé le « jardin d’Éden » en raison de la faune et de la flore extraordinaires qui s’y trouvent.

Explorer les Blue Mountains

Ce massif montagneux, qui domine l’extrémité est de l’île de la Jamaïque, est situé entre les villes de Kingston et de Port Antonio. Vous pouvez visiter la région à votre guise, mais pour ne vous soucier de rien, veuillez vous adresser au bureau touristique de votre hôtel pour réserver une excursion d’une journée aux Blue Mountains.

Carte de Blue Mountains

Carte de Blue Mountains fournie par Summitpost.org

Pour vous rendre dans la région des Blue Mountains en voiture depuis Kingston, deux options s’offrent à vous : vous pouvez emprunter la route principale en passant par Irish Town, ou encore l’autre route via Guava Ridge. Ces deux routes convergent vers la ville de Section, et il faut environ une heure pour se rendre à destination. Vous pouvez également faire le trajet en autobus. La plupart des autobus partent de Papine, mais la fiabilité du transport public n’est cependant pas garantie.

Si vous souhaitez séjourner dans la région des Blue Mountains, l’hôtel Strawberry Hill est perché sur l’un des sommets du massif, à plus de 900 mètres d’altitude. La vue depuis la piscine à débordement de l’hôtel vaut le séjour à elle seule. L’endroit est parfait pour la détente, le ressourcement et la contemplation de la nature luxuriante.

Parc national Blue and John Crow Mountains

Le parc national Blue and John Crow Mountains (site Web en anglais seulement), créé en 1992, abrite la dernière forêt tropicale humide de la Jamaïque. Celle-ci s’étend sur 78 000 hectares (200 000 acres), ce qui représente 4,4 % de la superficie terrestre de l’île. Le parc compte trois chaînes de montagnes distinctes, d’est en ouest : les Port Royal Mountains, ainsi que les Blue Mountains et les John Crow Mountains, qui sont traversées au nord par la vallée du Rio Grande. Des droits d’entrée sont exigés.

Le sommet des Blue Mountains se trouve à seulement 16 kilomètres de la côte, formant ainsi l’une des dénivellations les plus abruptes du monde entier. Ceci explique également les écarts importants de température, avec une moyenne d’environ 27 °C au niveau de la mer et de 5 °C au sommet. Ces différences de température, combinées à de fortes précipitations, nourrissent la végétation dense. Chaque année, plus de 765 centimètres de pluie tombent sur le versant est de la chaîne de montagnes, fournissant ainsi près de la moitié de la population jamaïcaine en eau potable.

Randonnée au sommet des Blue Mountains

Deux options s’offrent aux aventuriers qui souhaitent gravir le sommet des Blue Mountains : à la tombée de la nuit, à l’aide d’une lampe de poche, afin d’atteindre le sommet à temps pour admirer le lever du soleil, ou encore pendant la journée.

Si vous décidez de partir tôt le matin, veuillez prendre note que Portland Gap est le dernier lieu de halte où passer la nuit avant de poursuivre la randonnée jusqu’au sommet. À partir de ce point d’arrêt, les randonneurs pourront emprunter le sentier de 5,6 kilomètres qui mène au sommet et effectuer le trajet en deux ou trois heures. La marche représente un défi en soi, puisqu’il faut entreprendre l’ascension avant 5 heures pour arriver au sommet à temps pour voir le soleil se lever.

Le lever du soleil est un véritable spectacle et, par temps clair, vous pourrez apercevoir au loin les côtes nord et sud de l’île, ce qui ne vous fera en rien regretter de vous avoir levé si tôt. Vous pourrez peut-être même voir Cuba se dessiner à l’horizon! Peu importe à quelle période de l’année vous visitez la Jamaïque, les conditions météorologiques peuvent vous réserver des surprises, ce qui fait en sorte que l’horizon est parfois masqué par des nuages ou du brouillard qui, d’ailleurs, donne une teinte de bleu aux montagnes, d’où leur nom.

Si vous faites la randonnée pendant le jour, vous remarquerez que le sentier jusqu’au sommet traverse de magnifiques paysages. Vous pourriez donc prévoir un peu plus de temps pour admirer le panorama qui vous entoure. Si l’ornithologie vous intéresse, l’oiseau national de la Jamaïque, le colibri à tête noire, ainsi que le todier de la Jamaïque (oiseau à gorge rouge) et la colombe versicolore sont quelques-unes des espèces que vous pourrez observer et entendre pendant le trajet. La plupart des voyageurs choisissent Penlyne Castle comme point de départ pour la randonnée de 12,5 kilomètres vers le sommet, puisque cet endroit est accessible en autobus ou en voiture. Si vous désirez commencer votre randonnée après Hagley Gap, vous aurez besoin d’une voiture à quatre roues motrices (site Web en anglais seulement).

Le sentier est facile à suivre et le chemin est bien indiqué. Le niveau de difficulté du sentier varie selon les endroits; certains sont plats et d’autres, en gravier, ce qui rend la marche ardue, surtout si le sol est mouillé. Dans la région appelée Jacob’s Ladder (site Web en anglais seulement), les routes sont reconnues pour être particulièrement étroites et abruptes.

Pour des raisons de sécurité, il est préférable de faire des randonnées dans les Blue Mountains pendant la saison sèche, qui commence en décembre et se termine en avril. Les pentes abruptes des montagnes et les nombreuses rivières peuvent causer des inondations et des glissements de terrain pendant les fortes pluies. Joignez-vous à une excursion guidée ou vérifiez les conditions météorologiques avant de partir en randonnée. N’oubliez pas de vous inscrire au registre du poste de garde forestier à Portland Gap.

Vous ne trouverez pas beaucoup d’options de restauration dans les Blue Mountains, surtout une fois que vous aurez commencé votre randonnée. Il vaut donc toujours mieux emporter de l’eau (l’eau du robinet est potable en Jamaïque) et de la nourriture.

La beauté naturelle des Blue Mountains : la faune et la flore

Même si votre condition physique (ou votre intérêt!) ne vous permet pas de grimper au sommet des Blue Mountains, vous pourrez profiter de la beauté naturelle de la région de plusieurs autres façons. Hardwar Gap, une des aires récréatives du parc, et la vallée du Rio Grande sont des endroits de choix pour admirer la faune de l’île. Ecclesdown Road, juste à l’extérieur du parc national Blue & John Crow Mountains, à Portland Parish, est également un superbe endroit à visiter.

Au parc national, vous pourrez voir plus de 800 espèces endémiques de plantes, 500 espèces de plantes à fleurs, 200 espèces d’oiseaux résidents et migrateurs ainsi que le plus gros papillon au monde, le porte-queue Homérus (Papilio homerus).

Parmi les espèces de plantes les plus impressionnantes (site Web en anglais seulement) du parc national se trouvent les héliconies, les orchidées, les tritomes et les akées, des fruits à la texture d’œufs brouillés faisant partie du plat national de la Jamaïque. La région est également propice à l’observation des oiseaux (site Web en anglais seulement) : soyez attentifs et vous verrez peut-être un pic de la Jamaïque à tête rouge, un ani noir à bec lisse ou un très rare merle aux yeux blancs.

Ani noir à bec lisse

Ani noir à bec lisse

De temps à autre, la Natural History Society of Jamaica (site Web en anglais seulement) organise des excursions aux Blue & John Crow Mountains sur le thème de la faune et la flore.

Alors que la ville de Kingston est un bon point de départ pour visiter les Blue Mountains, la plupart des voyageurs préfèrent partir de Port Antonio pour visiter la vallée du Rio Grande. Plusieurs marches de courte durée commencent dans les petites villes le long de la route entre Port Antonio et Bowden. Avec sa chute et ses sources d’eau minérale, Ginger House est un incontournable; n’oubliez pas votre maillot!

Autres options de courte randonnée : la piste de 3 kilomètres Oatley Mountain Trail passant à travers d’impressionnantes forêts luxuriantes avec points d’observation pour profiter de la vue panoramique et la piste de 2 kilomètres Cascade Water Trail, où vous pourrez faire une baignade pour vous rafraîchir. Ces deux sentiers sont situés dans l’aire récréative du parc Holywell et sont chaudement recommandés.

À la découverte du café Blue Mountain

Le café Blue Mountain est reconnu à travers le monde pour son goût velouté, doux et non amer. Ce café est produit dans les Blue Mountains depuis 1728, lorsque le gouverneur, Sir Nicholas Lawes, apporta les premiers plants de semis d’Hispaniola (l’île où se trouvent Haïti et la République dominicaine). Les versants des Blue Mountains furent dégagés pour créer des plantations de café qui firent de la Jamaïque le premier pays producteur de café au monde au XIXe siècle. Cependant, l’île ne conserva pas sa première position très longtemps, puisque l’industrie déclina après l’émancipation, la Jamaïque ne pouvant plus faire concurrence aux pays alors esclavagistes, comme le Brésil et Cuba. Le café Blue Mountain est toujours populaire aujourd’hui. En fait, plus de 80 % de la production est exportée au Japon.

Aujourd’hui, bien que quelques domaines producteurs de café subsistent toujours, la plupart des grains sont cultivés dans de petits lots sur la route entre Kingston et la baie de Buffy, près de Section.

Qu’est-ce qui rend le café Blue Mountain si spécial?

Le climat des Blue Mountains est frais et brumeux avec des pluies abondantes, et le sol est riche et bien drainé. Ce sont les conditions parfaites pour produire ce célèbre café.

Le café Blue Mountain est une marque certifiée protégée mondialement, ce qui signifie que seul le café certifié par le Coffee Industry Board de la Jamaïque peut être étiqueté comme tel. Il existe différentes classifications du café Blue Mountain.

Seul le café poussant entre 915 et 1 700 mètres d’altitude peut être étiqueté comme du café Blue Mountain. Le café cultivé entre 460 et 910 mètres d’altitude est appelé « Jamaican High Mountain » et le café cultivé à une altitude de moins de 460 mètres est appelé « Jamaica Low Mountain ».

Visite des plantations de café Blue Mountain

Si vous aimez le café, une visite d’une plantation de café est une expérience intéressante pour en apprendre plus sur les grains, la récolte et le processus de transformation des grains en célèbre café Blue Mountain.

Vous pouvez visiter la plantation Mavis Bank Coffee Factory, où le café Jablum (site Web en anglais seulement) est produit. Victor C. Munn, un planteur et un transformateur anglais, fonda l’entreprise en 1923 avec seulement 2 hectares. Aujourd’hui, un peu plus d’un demi-million de kilos de grains de café verts provenant de 6 000 fermiers sont transformés annuellement. Renseignez-vous sur cette visite à votre hôtel dans la région de Kingston. Pendant la visite, vous verrez le séchage des grains (pendant la saison) et la transformation. C’est également un excellent endroit où acheter des grains de café torréfiés. Si vos bagages vous le permettent, ramener autant de café que vous le voulez; il n’y a pas de limite particulière à la quantité de café que vous pouvez rapporter au Canada, tant que vous n’excédez pas les limites d’achat de produits hors taxes (jusqu’à 750 $ pour un voyage de 7 jours ou plus).

Au nord de Newcastle, vous pouvez faire une visite d’une heure de Craighton Estate Great House (site Web en anglais seulement) et de la plantation de café, où vous pouvez vous familiariser avec la culture du café. Depuis la galerie de la propriété vieille de plus de 200 ans située à plus de 790 mètres au-dessus du niveau de la mer, vous pourrez admirer la vue sur les montagnes et sur les villages en contrebas.

Les Blue Mountains ont quelque chose à offrir à tous. Des charmants villages aux randonnées exaltantes en passant par les paysages époustouflants et les dégustations de café, vous trouverez une activité à votre goût dans la région. Et les gens du coin, qui sont reconnus pour leur amabilité, sauront rendre votre séjour des plus mémorables. Bon voyage!

Récits d’un « foodie » en Jamaïque

10 juin, 2014 | By |

Si vous êtes comme moi, dès que vous avez lu le mot « Jamaïque », vous avez senti l’odeur du poulet à la jamaïcaine. Oui, la nourriture fait sans aucun doute partie intégrante de la culture jamaïcaine. Faire l’expérience des plats locaux et goûter aux mets délicats devraient être une composante essentielle (et délicieuse!) de tout séjour dans les Caraïbes.

La cuisine jamaïcaine a été influencée par plusieurs cultures différentes, de celle des natifs de l’île à celle des Espagnols, des Anglais, des Africains, des Indiens et des Français, en passant par celle des Chinois; toutes ont laissé leur marque dans l’histoire de l’île. Les techniques, les saveurs et les épices sont toutes d’origines différentes, tout comme les ingrédients. Alors que plusieurs des aliments sont locaux, beaucoup ont été importés et sont aujourd’hui cultivés sur l’île.

L’akée et le poisson salé séché : le plat national de la Jamaïque

Le plat national de la Jamaïque est l’akée et le poisson salé séché. Ce plat est généralement servi au petit-déjeuner, mais tout Jamaïcain vous dira qu’il est délicieux à toute heure du jour. L’akée est un fruit dont la texture ressemble aux œufs brouillés. Il est déposé dans un poisson salé séché et replié avec des piments Scotch Bonnet pour créer un met unique, souvent servi avec des plantains frits, du calalou (semblable aux épinards) ou une galette de maïs (pain frit ou cuit).

Les Canadiens seront surpris de découvrir combien ce plat est épicé, surtout pour le petit-déjeuner. La plupart des piments Scotch bonnet se situent entre 100 000 et 350 000 sur l’échelle de Scoville, ce qui est bien plus épicé que les piments que l’on retrouve traditionnellement au Canada. L’échelle de Scoville permet de déterminer combien un piment est épicé; plus le chiffre est élevé, plus la nourriture est épicée. Les piments jalapeños, par exemple, se situent entre 2 500 et 8 000 sur l’échelle de Scoville. Le piment Carolina Reaper est à ce jour considéré comme le piment fort le plus épicé du monde, se situant entre 2 000 000 et 2 200 000 unités Scoville. Piquant!

Fait intéressant, le poisson salé séché pourrait avoir été amené en Jamaïque par les Canadiens. La légende raconte que les propriétaires de plantation cherchaient une source de protéine peu dispendieuse pour la population grandissante d’esclaves africains qui travaillaient leurs terres, alors ils troquèrent de la morue saumurée contre du rhum et de la mélasse.

Mets traditionnels à goûter pendant le voyage

La Jamaïque est reconnue à travers le monde pour un autre plat populaire : le poulet à la jamaïcaine, ou poulet « jerk ». Et quel en est l’ingrédient-clé? L’épice « jerk » jamaïcaine, faite avec du piment Scotch bonnet et du piment de la Jamaïque, aussi appelé pimento en Jamaïque. Il est difficile de trouver une recette, puisque chaque chef et chaque cuisinier ajoutent son grain de sel au plat classique et que les recettes se transmettent traditionnellement de mères en filles. Ce que nous savons, par contre, c’est que le porc, le poulet ou le poisson est mariné dans l’épice « jerk », que ce soit une marinade sèche ou humide, puis rôti ou fumé, parfois pendant des heures. De vieux barils d’huile sont souvent utilisés comme fumoirs, mais des fours traditionnels le sont également. Le plat est souvent servi avec de la sauce piquante (encore!) et du pain « festival » (mi-pain de maïs, mi-beignet jamaïcain). Le reste dépend de celui ou celle qui cuisine!

Jerk chicken and red stripe beer

“Jerk chicken with red beans and rice” par Clint McMahon (Flickr)

Si vous voulez goûter au poulet à la jamaïcaine dans plusieurs établissements jamaïcains, la Jamaica Jerk Trail, ou route du « jerk », fournit une carte qui vous aidera à trouver certains des restaurants de poulet à la jamaïcaine les plus réputés au pays.

Vous ne pourrez quitter la Jamaïque sans goûter à un autre met jamaïcain populaire, la juteuse fricadelle, servie avec du riz et des pois, généralement des pois cajuns ou des haricots secs.

La culture rastafarienne

Le rastafarisme est une idéologie spirituelle d’origine africaine qui s’est développée au cours des années 1930 en Jamaïque et qui fut plus tard popularisée par Bob Marley. Les rastafariens, reconnaissables grâce à leurs tresses jamaïcaines, suivent un régime Ital. Ce régime vise à augmenter la Livity, ou l’énergie vitale qui se trouve en chaque être humain. La nourriture consommée par les rastafariens doit donc être naturelle et provenir de la terre.

Ce type de cuisine vous intéresse? Sur l'île Green, vous trouverez un petit groupe de cabanes appelées Old Bay qui vend ce type de nourriture. Une de celles-ci, le Ital Vital, sert de la nourriture santé végétarienne rastafarienne telle que des fèves étuvées dans du lait de noix de coco, de l’akée avec du tofu et du riz boulgour.

Origines du régime Ital

Le mot « Ital » est un dérivé du mot anglais « vital ». Ce régime est une part essentielle de la culture rastafarienne, et les premiers adeptes ont adapté leur régime selon leur interprétation de plusieurs livres de la Bible. Par exemple, ils ont été influencés par le passage suivant : « Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. » (Genèse 1 : 29). Aujourd’hui, cependant, beaucoup de rastafariens considèrent ce mouvement plus comme un style de vie qu’une religion.

Les rastafariens sont végétariens et consomment des aliments qui n’ont pas été modifiés chimiquement ou qui sont sans additifs artificiels (comme les colorants, les saveurs artificielles, les agents de conservation, etc.). Ils mangent des fruits, des légumes, des grains entiers, des fèves et des légumineuses, et les aliments de base de leur régime incluent les noix de coco, les bananes, le calalou, les piments de la Jamaïque et l’huile de noix de coco. Fait surprenant, certains rastafariens n’utilisent pas du tout de sel dans leur cuisine.

Certains rastafariens, moins stricts que d’autres, utilisent du sel de mer pur ou du sel casher et mangent même du poisson, pourvu qu’il mesure moins de 30 centimètres. Certains ajoutent également du poulet à leur régime non strict, mais pas de porc, de crustacés et de mollusques, car leur viande est considérée comme impure et dommageable pour le corps, puisque ce sont des charognards.

Boissons locales – du rhum au café des Montagnes Bleues

Les Jamaïcains aiment leur rhum. La rumeur veut qu’il y ait en Jamaïque plus de bars à rhum par habitant qu’ailleurs au monde. Le punch au rhum est très populaire sur l’île et il est facile de le reproduire à la maison pour se sentir en vacances! Il est possible de visiter l’une des plus vieilles et des plus célèbres fabriques de rhum de la Jamaïque, le domaine Appleton, situé dans la vallée de Nassau (à 90 minutes de Montego Bay). Les adultes canadiens sont autorisés à rapporter un litre d’alcool par personne à leur retour au pays.

Le café est une autre boisson préférée des Jamaïcains, mais pas n’importe quel café : le café des Montagnes Bleues. Comme son nom l’indique, ce café pousse dans la chaîne des Montagnes Bleues de la Jamaïque et il est l’un des plus populaires et des plus dispendieux au monde. Pour être considéré comme du café des Montagnes Bleues, les fèves doivent être récoltées à Saint-Andrew, à Saint-Thomas, à Portland ou à Sainte-Marie. Le café des Montagnes Bleues est une marque certifiée protégée mondialement, ce qui signifie que seul le café certifié par le CIB (Coffee Industry Board) de la Jamaïque peut être étiqueté comme tel. Cette marque de café reconnue pour son goût velouté, doux et non amer, est aujourd’hui vendue à travers le monde. En fait, plus de 80 % de la production est exportée au Japon, mais c’est sur l’île que le café est le plus frais.

La liqueur foncée Tia Maria combine les deux choses préférées des Jamaïcains : le rhum et les grains de café jamaïcains. La légende de cette boisson remonte au milieu du 17e siècle. Une belle et jeune aristocrate espagnole aurait fui le brouhaha de la guerre coloniale en Jamaïque. Sa bonne aurait sauvé le trésor familial : une petite boîte à bijoux contenant des boucles d’oreilles en perles noires et un ancien manuscrit sur lequel la recette d’une mystérieuse liqueur était écrite. Bien sûr, c’était la recette de la célèbre boisson, alors elle fut baptisée Tia Maria, en l’honneur de la femme. La liqueur fut ensuite « redécouverte » au cours des années 1950 par le docteur Kenneth Leigh Evans, qui en fit la production et la mise en marché.

La bière Red Stripe, une bière pâle, est bien connue et très aimée en Jamaïque. Elle est facilement reconnaissable par sa bouteille brune trapue. L’eau et le lait de noix de coco sont également populaires en Jamaïque, et l’eau du robinet est potable.

Où manger en Jamaïque?

Chose certaine, une grande partie de la culture culinaire de la Jamaïque se trouve dans les rues. En effet, on trouve plusieurs des meilleurs plats jamaïcains dans les casse-croûte au bord des rues. Ne laissez pas leur apparence vous effrayer, car la nourriture qui y est préparée est sans danger, et délicieuse, en plus. Et ne soyez pas déconcerté par l’absence d’écriteau, certains casse-croûte n’ont ni adresse permanente ni nom!

La chèvre au cari est un aliment de base de la nourriture vendue dans les rues ainsi qu’un repas populaire, surtout pour les fêtes. En fait, on dit que c’est dans une fête locale dans une cour arrière que ce plat est le meilleur! Dans les festivals et les carnavals, ce sont souvent des experts venus pour l’occasion qui préparent ce plat à la perfection. Si votre visite ne coïncide pas avec un grand événement, vous pouvez aller au restaurant Moby Dick, à Kingston, également reconnu pour sa recette.

Si vous souhaitez rester à votre complexe pour manger, vous trouverez plusieurs excellents choix d’établissements. Le restaurant Sugar Mill est reconnu pour ses cuisines antillaise et internationale, et il est situé dans un moulin restauré datant du 17e siècle, au complexe Half Moon de Montego Bay. Pour goûter aux meilleurs ingrédients locaux, incluant les fruits de mer de la région et des aliments frais, le restaurant Jake’s Country Cuisine au Jake’s Hotel est un arrêt obligatoire sur la côte sud. La nourriture y est délicieuse, mais vous devez y aller pour la vue depuis le restaurant, qui est tout simplement à couper le souffle, de jour comme de nuit.

Si vous séjournez à Ocho Rios, une visite au Bizot Bar est un incontournable à la fois pour la nourriture jamaïcaine et américaine. Vous pouvez également prendre votre repas dans votre chambre ou profiter d’un souper privé à l’extérieur dans un magnifique pavillon, l’endroit idéal d’où admirer les couchers de soleil en sirotant un cocktail.

Scotchies est également un établissement de choix pour manger à Montego Bay. Situé sur Falmouth Road, ce restaurant est reconnu pour son poulet et son porc à la jamaïcaine, ainsi que pour son pain « festival ». Il existe deux autres Scotchies en Jamaïque, soit à Kingston et à Ocho Rios; vous êtes donc certain d’en trouver un près d’où vous séjournez. Le Houseboat Grill est également un arrêt obligatoire à Montego Bay : vous y vivrez une expérience de détente et de plaisir culinaire inoubliable.

Négril est le paradis jamaïcain des amateurs de cuisine. Le Rick’s Café est reconnu comme l’un des meilleurs bars au bord de la plage du monde entier. Ouvert depuis 40 ans, il est populaire autant auprès des touristes que des habitants de l’île. L’endroit est toujours bondé grâce à la musique en direct tous les soirs et aux magnifiques couchers de soleil. Zimbali’s Mountain Cooking Studio a été décrit comme « une expérience incontournable en Jamaïque », et son menu est composé notamment de fruits organiques provenant de leur jardin. 3 Dives et Murphy's West End Restaurant font également partie des endroits à visiter pour la cuisine jamaïcaine authentique. Enfin, The Caves est une expérience à ne pas manquer à Négril : oui, vous pouvez manger dans une grotte éclairée aux chandelles! Vous pouvez également manger à une table face à la mer et goûter au Cliffhanger, le cocktail signé The Caves, et à des mets allant du poulet à la jamaïcaine au mesclun tropical.

Le Devon House Ice Cream, à Kingston, est considéré comme l’un des meilleurs endroits au monde où savourer une glace. Ce bar laitier offre 27 saveurs de glace, incluant une glace à base de bière appelée Devon Stout. À goûter à tout prix! Vous trouverez également des comptoirs partout en Jamaïque.

Certains restaurants ajoutent une taxe de service à la facture en plus de la taxe de consommation générale de 16,5 %. Les devises américaines et jamaïcaines sont acceptées dans la plupart des établissements.

Cuisiner à la jamaïcaine à la maison

À votre retour de la Jamaïque, vos papilles gustatives redemanderont certainement de ces plats jamaïcains traditionnels épicés. Plusieurs livres de cuisine, tels The Real Taste of Jamaica et Traditional Jamaican Cookery, donnent des conseils et proposent des solutions pour reproduire des plats jamaïcains traditionnels à la maison.

Les ingrédients vendus au Canada varient selon les régions et les saisons, mais de plus en plus de produits traditionnels jamaïcains sont vendus ici. Ne vous inquiétez pas si vous ne trouvez pas certains ingrédients, puisque plusieurs recettes, comme ces recettes d’akée et de poisson salé séché, ont été adaptées pour l’Amérique du Nord afin de vous aider à les reproduire à la maison avec les ingrédients que vous pouvez vous procurer.

Le poulet à la jamaïcaine est le plat le plus difficile à reproduire, en partie à cause d’un barbecue non adapté. Cependant, si vous avez accès à un barbecue au charbon, cette recette de poulet à la jamaïcaine est un incontournable, surtout pour sa sauce barbecue jamaïcaine! C’est là le plus près des recettes authentiques dont vous vous approcherez, à moins que vous ne convainquiez un natif de vous donner sa recette familiale! Ne manquez pas de ramener à la maison un peu d’assaisonnement jamaïcain Walkerwoods pour créer vos propres repas « jerks » à la maison.

Baril de cuisson du poulet Jerk

Une bière Red Stripe froide, en vente dans certains endroits au Canada, est essentielle pour apaiser les papilles avec un plat de poulet à la jamaïcaine épicé!

Bon appétit!

Crédits photos :

"Jerk chicken with red beans and rice" par Clint McMahon sous license CC BY 2.0